Le meilleur de nous-même

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Sous l’occupation, un homme est confronté à un choix cornélien : garder la vie ou son humanité.

Anciennement à la tête d’une belle collection de tableaux, Brandes chérit le dernier en sa possession : une peinture de Lucas Cranach qui, au-delà du chef-d’œuvre qu’elle représente, est tout ce qui lui reste de son héritage familial. Malheureusement pour lui, Hermann Göring est à ce point fasciné par l’artiste qu’il est prêt à lui restituer la totalité de ses biens contre celle-ci.

Disposant de peu de temps pour prendre sa décision, il se lance dans un long monologue intérieur où se confondent souvenirs et étude de l’art, souvent interrompus par un rappel à la réalité. « Vous choisissez », deux mots prononcés par Walter Andreas Hofer, l’entremetteur du dirigeant nazi, pour appuyer ce terrible chantage venu sonner le glas.

« Parce que je suis le dernier chaînon d’une lignée d’ombres. Après moi, il n’y aura plus de place que pour l’oubli. »

En toute logique, Brandes devrait accepter sans hésiter et attendre des jours meilleurs. Après tout, il n’a plus ni famille ni d’amante, personne pour témoigner de ses actes, qu’ils soient nobles ou lâches. Mais léguer ce tableau l’amène à dresser un bilan personnel, moment crucial et impitoyable de la vie.

Brandes nous parle alors d’art, de formes, de couleurs, de beauté, mais aussi de mémoire. Ce tableau devient ce qu’il a de plus cher ; le symbole de ce qui a déterminé toute sa vie, sa personnalité, son talent. Mais il est surtout celui de sa dignité. Jamais, depuis le début de la guerre, il ne s’est opposé à l’ennemi. Si à l’origine celui-ci est venu troubler la paix dans un esprit de conquêtes, aujourd’hui il s’attaque à un peintre par caprice. Ridicule. Injuste. Intolérable.

« Mais c’est le problème avec les décisions. Il est difficile des les examiner a posteriori et de n’avoir rien à se reprocher. »

L’art est un marché indéniable dans le monde de la finance, mais il a surtout ce pouvoir de tous nous mettre à égalité. Que nous soyons riche ou pauvre, jeune ou vieux, fort ou fragile, nous pouvons tous nous en émouvoir. En admettant que Hermann Göring en fut également capable, mérite-t-il que Brandes lui accorde cette faveur ? Dans une envolée lyrique, Eduard Márquez nous offre une réflexion d’une grande humanité ou la morale l’emporte sur le désir.

Ce livre est inspiré de la vie de Georges Braque dont une merveilleuse citation ouvre le roman : « Ce qu’on ne nous prend pas nous reste, c’est le meilleur de nous-même ».

Titre : La décision de Brandes
Titre original : La decisió de Brandes
Auteur : Eduard Márquez
Traduction : Edmond Raillard
Couverture : Studio Mr Thornill
Editeur : Do
Date de parution : 10 octobre 2017
ISBN : 9791095434061
Nombre de pages : 128
Prix : 16€

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